Les fondations sont-elles les actionnaires de demain ?

Qui sait que Ikea (Suède), Bosch ou Bertelsmann (Allemagne), Rolex ou Sandoz (Suisse), Carlsberg ou Lego (Danemark), et plus loin Tata (Inde) appartiennent à… des fondations ? Elles sont plus de 500 en Allemagne, 1000 en Norvège, 1300 au Danemark, ces entreprises dont les fondateurs ont fait le choix de transmettre tout ou partie du capital et des droits de vote à une fondation. Pourquoi ?

En soulevant cette question dans quatre pays d’Europe (France, Suisse, Danemark et Allemagne), Prophil a fait le choix, pour sa première étude, de lever le voile sur une réalité économique qui échappe aux statistiques, sur un sujet à la fois foisonnant et méconnu, vertueux pour certains et subversif pour d’autres.

Car la fondation actionnaire ne va pas de soi. Elle inverse les rôles classiquement admis : ce n’est plus l’entreprise qui alloue une part infime de ses bénéfices à une fondation périphérique, mais la fondation qui détient l’entreprise elle-même, oriente directement ou indirectement sa stratégie, et finance, grâce aux dividendes qu’elle perçoit, des causes d’intérêt général.

Et l’objet d’une telle fondation ne se limite plus à soutenir des projets culturels ou sociaux accessoires, mais il est en priorité de protéger l’entreprise, maintenir le patrimoine industriel sur le territoire national, de développer l’emploi tout en servant le bien commun.

En France, le groupe de presse La Montagne et Les Laboratoires Pierre Fabre font figures de pionniers, et d’exceptions. Pourtant 700 000 entreprises familiales seront à transmettre dans les quinze prochaines années et nombre d’entre elles partagent la quête d’un actionnariat stable et de long terme, capable de porter les valeurs humanistes de la famille, et de développer l’entreprise.

Grâce au soutien de Mazars dans les différents pays étudiés, et à l’étroite collaboration de Delsol Avocats et de la Chaire Philanthropie de l’ESSEC, nous avons pu interroger des acteurs de référence et découvrir, dans leur grande diversité, des modèles étrangers méconnus et inspirants. Que nos partenaires soient vivement remerciés d’avoir défriché avec nous cette terra incognita. Nous sommes certaines que notre complémentarité, sur ce sujet d’avenir, ne fait que commencer.

Cette première étude européenne a pour ambition d’ouvrir la voie, de révéler sans angélisme un modèle économique innovant, qui articule de façon indissociable don et investissement, responsabilité et altruisme, capitalisme et philanthropie.

Une troisième voie, qui est au cœur du projet de Prophil.

Virginie Seghers et Geneviève Ferone Creuzet

Co-fondatrices de Prophil

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