Les Français de plus en plus adeptes de l’économie collaborative

Les consommateurs assurent vouloir développer ces nouvelles pratiques qui remettent en cause les modèles de distribution.

Une révolution consumériste est en marche, et elle a pour emblème Airbnb et BlaBlaCar. Le site américain de location de logements entre particuliers, d’ores et déjà marque mondiale, et celui de covoiturage, l’une des start-up françaises les plus en vue, sont en quelque sorte l’avant-garde d’un mouvement qui s’annonce irrésistible.

C’est du moins ce qui ressort de la dernière livraison de l’Observatoire Ipsos Sopra Steria Crédit Agricole Assurances à laquelle « Les Echos » ont eu accès. Selon cette enquête menée dans sept pays européens (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pologne et Suède), les Français pensent à une très large majorité (77 % des personnes interrogées) que le développement de ces nouvelles formes de consommation dite collaborative s’avère une tendance de fond et que le phénomène va même s’accroître. Et ils sont encore plus nombreux, 83 % (contre 65 % pour la moyenne européenne), a avoir constaté l’émergence de telles pratiques.

Selon qu’il s’agisse de louer une résidence de vacances, du matériel de bricolage, des accessoires pour la voiture (coffre de toit, porte-vélo, siège enfant, etc.), voire une voiture entre particuliers, comme le propose notamment le site Drivy, pourquoi pas même des biens culturels (livres, CD, DVD, etc.) ou encore utiliser des services d’autopartage comme Autolib’, l’engouement est plus ou moins fort.

Les Français au-dessus de la moyenne

Mais globalement, pas de doute, ces pratiques sont plus fréquentes chez une majorité d’Européens (51 %) et les Français sont systématiquement au-dessus de la moyenne, sauf sur l’échange de produits. Autre fait marquant de l’étude qui, là encore, remet en cause les modèles traditionnels, la France est championne d’Europe des achats d’occasion. Ce qui conduit d’ailleurs certaines enseignes à s’adapter (lire ci-dessous).

Dans l’ensemble, ces nouveaux modes de consommation répondent à deux motivations principales. La première, « faire des économies ou gagner un peu d’argent », a toujours été le moteur des modèles gagnants dans l’histoire du commerce. Elle concerne 75 % des Français interrogés (contre 71 % en moyenne). La deuxième, « ne pas s’encombrer avec des objets qui servent rarement », révèle un nouveau rapport aux choses dans les économies dites « matures ». Là encore, les consommateurs français sont au-dessus de la moyenne européenne (51 % contre 44 %).

La troisième motivation invoquée, « consommer de façon plus respectueuse de l’environnement », rejoint les préoccupations environnementales de plus en plus prégnantes parmi la population. Viennent ensuite d’autres raisons qui s’inscrivent dans l’émergence d’une société de confiance, où il s’agit d’ « éviter les intermédiaires », de « créer plus de liens, aller vers les autres », mais aussi de « pouvoir consommer de façon plus originale, plus ludique ».

Enfin, au rang des pratiques de consommation collaborative au plus fort potentiel de progression, on trouve l’achat à des producteurs locaux, les achats groupés de biens et services, l’échange ou le troc, le covoiturage et l’utilisation de voiture en libre-service, ou encore la location de logement de vacances entre particuliers.

Source : Les Echos

Start typing and press Enter to search