Le CAC 40 investit dans le « social business »

La plateforme de réflexion Convergences a dressé un état des lieux des initiatives des grands groupes.
Quatorze d’entre eux ont monté des projets qui ont vocation à être rentables à destination des personnes vulnérables.

Electrification rurale au Sénégal, solutions de logement abordables dans les pays émergents, prestations de garagiste à prix coûtant en France… Les nouveaux programmes montés ces dernières années par EDF, Lafarge ou Renault en témoignent, les initiatives de « social business » se développent chez les industriels. «  Depuis environ cinq ans, le sujet se renforce au sein de certaines entreprises du CAC 40 », témoignent Michaël Knaute et Carolina Herrera, coauteurs d’une enquête menée sur ce thème par la plate-forme de réflexion Convergences. Du simple soutien à des projets de développement sous forme de dons ou de mécénat, les grands groupes sont passés à la mise en place d’activités ayant vocation à être rentables et pérennes.

Sur les quarante grands groupes qui constituent l’indice, quatorze ont livré à Convergences leur vision du « social business » et expliqué leurs initiatives, et deux ont indiqué que, s’ils avaient engagé des actions en ce sens, il était trop tôt pour en parler. Les pionniers, comme Danone, Veolia ou le Crédit Agricole, ont adhéré dès les années 2000 au concept défini par Muhammad Yunus, selon lequel il est possible de développer des activités rentables au service du développement des populations les plus vulnérables. Ils ont créé de longue date des coentreprises avec la Grameen Bank de l’entrepreneur bangladais pour ouvrir, par exemple, des usines de yaourt ou de traitement d’eau au Bangladesh.

«  Essilor et Schneider Electric font aussi partie des pionniers », relève Michaël Knaute. Les projets lancés dès 2003 en Inde par Essilor, par exemple, sont aujourd’hui arrivés à maturité : l’entreprise a équipé des véhicules de matériel permettant les examens médicaux et le façonnage de verres, pour pallier l’absence de réseau de distribution.

Soutenir des entreprises sociales

Ces pionniers ont depuis été suivis par des nouveaux venus comme Total, Renault, ou L’Oréal, qui eux aussi ont adapté leur offre aux populations les plus pauvres. «  Si Total agit de longue date en faveur des communautés dans les pays où il est présent, son programme Awango de vente de lampes solaires en Afrique est plus récent », note Michaël Knaute. L’Oréal a mis en place un programme de microdistribution de certains de ses produits par des femmes des favelas de Rio, au Brésil. Lafarge a imaginé une chaîne originale de livraison de béton prêt à l’emploi en Inde et de nouveaux liants pour les briques en terre en Afrique.

Aux côtés de ces activités gérées par leurs équipes en interne, les grands groupes interviennent aussi en soutien d’entreprises sociales. Danone et Orange incubent des start-up sociales, Engie apporte un soutien technique ou financier à des projets d’entrepreneuriat social. Plusieurs d’entre eux, comme Engie ou Schneider Electric, ont aussi participé à des financements via des fonds d’investissements solidaires.

«  Il est encore assez compliqué d’évaluer l’impact réel de ces initiatives ainsi que leur viabilité économique réelle, d’autant que beaucoup sont encore au stade des projets pilotes, sans être passées à l’échelle industrielle, estime Michaël Knaute. Ce qui est certain, en revanche, c’est que celles qui ont réussi ont bénéficié de l’implication forte de leurs dirigeants.  » L’ancrage territorial et le partenariat avec des acteurs locaux, constituent aussi, selon Convergences, des facteurs indéniables de succès.

Source : Les Echos

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