Quand les salariés sont payés pour aider une association

 In Philrouge

Des plus en plus d’entreprises s’engagent dans le mécénat de compétences. Elles offrent quelques heures à leurs salariés, sur leur temps de travail, pour réaliser des missions d’intérêt général.

vu sur :

capture-decran-2016-11-25-a-09-50-59

«Il faudrait travailler le design de tes cartes de visite afin qu’elles reflètent ta joie de vivre et ton sens artistique. Quelques modifications sur la page d’accueil de ton site internet permettraient aussi d’améliorer son référencement.» Les conseils ont été distillés d’une voix chantante, comme entre deux amies. Pourtant, Sandrine et Sophie* ne se connaissaient pas il y a encore quelques heures. Les deux femmes ont participé le 14 octobre dernier à la semaine «We love solidarity» organisée par la Fondation Bouygues Telecom.

À l’occasion du dixième anniversaire de cette dernière, Bouygues Telecom a ensuite offert une demi-journée à l’ensemble de ses collaborateurs, sur leur temps de travail, pour mettre leurs compétences au service des associations parrainées par la Fondation. En une semaine, 1000 collaborateurs se sont investis dans pas moins de 120 missions, du ramassage de déchets au conseil d’entrepreneurs handicapés. C’est lors de cette dernière mission, chapeautée par l’Union professionnelle des travailleurs indépendants handicapés (Uptih) que se sont rencontrées Sandrine et Sophie.

Durant plus de deux heures, Sophie a exposé son projet, ses questions et ses écueils aux salariés de Bouygues Telecom qui ont cherché des solutions adaptées. En fin de matinée, l’émotion de tous les participants était palpable. «Merci pour vos conseils avisés, se réjouit Sophie. Cela m’ouvre des opportunités.» Un des salariés estime qu’il ressortira «grandi» de l’expérience, tandis qu’un autre se dit prêt à ouvrir son carnet d’adresses professionnel à la jeune entrepreneure. Sandrine, elle aussi salariée du groupe Bouygues, a été «émue». «Je ne m’attendais pas à ce qu’on rende autant service», reconnaît-elle. «Pour les salariés, ces missions sont l’occasion de sortir de leur champ de compétences», se réjouit Sabrina Mary, directrice des pôles accompagnement et réseaux à l’Uptih.

Accéder à des compétences spécifiques

Comme Sandrine, des centaines de salariés s’engagent chaque année dans une action «pro bono», c’est-à-dire qu’ils donnent de leur temps pour réaliser des actions d’intéret général. Lorsque cela est fait sur le temps de travail, il s’agit de «mécénat de compétences», lorsque c’est le cas sur le temps personnel, de «bénévolat de compétences». Selon le «Panorama du pro bono» réalisé par le Pro bono Lab, 35% des Français sensibilisés à ces questions seraient prêts à s’engager dans l’une ou l’autre de ces voies. La proportion grimpe même jusqu’à 90% chez les étudiants!

Une appétence que les entreprises ont entendue. À l’heure de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), ces dernières voient dans les actions pro bono un moyen de (re)donner du sens à leurs activités et de dynamiser leurs salariés. Les 16 et 17 novembre a ainsi lieu à la Défense un «marathon pro bono», mobilisant plusieurs groupes du quartier d’affaires. Selon les chiffres recueillis par le Pro bono Lab, 46% des entreprises ne pratiquant pas encore le mécénat de compétences souhaiteraient s’y mettre.

Confrontées à la baisse des subventions, les associations profitent des opérations pro bono pour avoir accès à des compétences spécifiques afin de doper certains projets. 84% des associations interrogées par le Pro bono Lab estiment ainsi avoir besoin de compétences dont elles ne disposent pas en interne, notamment du conseil en stratégie, en relations presse ou une aide à la rédaction d’un plan de développement. Mais le chemin à parcourir est encore long: 62% des associations ne connaissent pas le pro bono… tout comme 80% des Français.

Thomas s’est très tôt intéressé aux problématiques de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et plus particulièrement à la performance globale. Il a rejoint Prophil en tant que chef de projet sur nos activités de veille et contribue à la conduite de nos études d’empreinte territoriale. Passionné par les nouvelles technologies, Thomas Breuzard développe actuellement une plateforme dédiée au développement durable afin de le rendre accessible à tous.
Recent Posts
Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text.

Start typing and press Enter to search