L’entrepreneuriat social, un mix entre business et valeurs qui séduit les jeunes

 In Philrouge

Concilier business et valeurs ? De plus en plus de jeunes en rêvent… et passent à l’action en se lançant dans l’entrepreneuriat social et solidaire pour combiner carrière et idéaux. Le statut d’étudiant-entrepreneur, qui verra le jour à la rentrée, devrait faciliter ces choix de vie.

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Quand il évoque son choix de se tourner vers l’entrepreneuriat social et solidaire, Matthieu Dardaillon, 24 ans et fraîchement diplômé de l’ESCP Europe, évoque une «envie de liberté, d’indépendance» mais aussi le désir «de se sentir utile au quotidien». Concilier business et valeurs, c’est l’objectif de ces jeunes toujours plus nombreux à se lancer dans l’entrepreneuriat social et solidaire. Leur objectif: changer le monde, à leur échelle, avec l’exemple de Muhammad Yunus en tête.

Pour lui, comme pour Jonas Guyot avec qui il vient de publier Ala rencontre des entrepreneurs qui changent le monde (éditions Rue de l’Échiquier, 2014), cette «fibre sociale» n’est pas nouvelle, et s’est d’abord manifestée au travers d’un engagement associatif. Mais pourquoi cantonner l’engagement à leur temps libre, alors qu’il leur est possible d’en vivre? C’est leur rencontre, sur les bancs de l’ESCP Europe, qui sera décisive et les incitera à se lancer, et à placer l’envie de changer le monde au cœur de leurs projets professionnels. Ensemble, ils ont mis leurs études entre parenthèses pendant deux ans pour partir «à la rencontre des entrepreneurs qui changent le monde» aux Philippines, au Sénégal ou encore en Inde, avant de raconter leurs aventures dans un ouvrage éponyme.

Des formations dédiées à l’entrepreunariat social

Aujourd’hui diplômés, l’un et l’autre ont décidé de ne pas laisser cet engagement de côté, mais plutôt d’en vivre. Matthieu Dardaillon a choisi de voler de ses propres ailes, en fondant Ticket for change, une start-up qui organise des «voyages inspirants» pour inciter des jeunes triés sur le volet à résoudre les problèmes sociaux du moment, tandis que Jonas Guyot a opté pour l’accompagnement d’entrepreneurs sociaux au sein d’une structure dédiée, Paris Initiative Entreprise.

Leur projet peut paraître anecdotique, mais Matthieu et Jonas ne sont pas les seuls à faire ce choix. Corinne Dardelet a également sauté le pas dès la fin de ses études à Dauphine, il y a à peine un an. Elle a rejoint Kawaa, un «créateur de liens». Lancée début 2014, cette start-up sociale vise à favoriser les rencontres et briser l’isolement en organisant des cafés ouverts à tous aux quatre coins de la France. Comme de nombreux autres jeunes qui ont choisi cette voie, Corinne n’envisage pas son travail comme une simple source de revenus. «Travailler pour avoir un impact social, c’est une source inouïe de motivation, bien plus que la rémunération», dit-elle.

Un statut d’étudiant-entrepreneur qui pourrait changer la donne

Face à cet engouement, petit à petit, des formations dédiées émergent. D’abord par le biais de cours optionnels, comme à Sciences Po, ou intégrés à des programmes spécifiques. L’Essec a consacré une chaire au sujet dès 2002, déclinant enseignements théoriques, conférences et travaux pratiques sur ce thème. HEC ou encore l’ESCP Europe proposent également des formations réunissant entrepreneuriat et recherche d’impact positif sur la société.

Si l’intérêt pour ces cours est croissant, «ils sont souvent complets en quelques minutes» atteste un responsable, tous les participants ne se lancent pour autant pas dans l’aventure entrepreneuriale: le secteur attire, mais voler de ses propres ailes peut parfois faire peur. Le statut d’étudiant-entrepreneur, qui verra le jour à la rentrée prochaine, pourrait changer la donne. Celui-ci sera accessible aux bacheliers, étudiants et jeunes diplômés de moins de 28 ans, et permettra à ces jeunes qui se lancent dans l’aventure de la création d’entreprise de conserver la casquette d’étudiant, et les avantages sociaux qui vont avec: rattachement à la Sécurité sociale étudiante, tarifs réduits et bourses… Pour en bénéficier, les jeunes devront déposer un dossier présentant leur projet dans l’un des 29 Pepite (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entreprenariat) disséminés aux quatre coin de la France. Si leur candidature est retenue, ils obtiendront le fameux statut, ainsi qu’un accompagnement personnalisé de la part d’enseignants et professionnels. D’ici trois ans, Geneviève Fioraso, la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, espère que 20.000 étudiants auront bénéficié d’un accompagnement via ce dispositif. Et parmi eux, peut être les entrepreneurs sociaux de demain?

Thomas s’est très tôt intéressé aux problématiques de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et plus particulièrement à la performance globale. Il a rejoint Prophil en tant que chef de projet sur nos activités de veille et contribue à la conduite de nos études d’empreinte territoriale. Passionné par les nouvelles technologies, Thomas Breuzard développe actuellement une plateforme dédiée au développement durable afin de le rendre accessible à tous.
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